Le cœur du pacte : pourquoi nul ne peut marginaliser Ousmane Sonko sans trahir l’essentiel

Team O.S
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Il existe dans l’histoire politique de chaque nation un moment précis où un pacte se forme entre un homme et un peuple, un pacte qui dépasse les conjonctures, les calculs et les fluctuations du pouvoir. Le Sénégal a vécu ce moment lorsque Ousmane Sonko a fait surgir une manière nouvelle de penser l’éthique publique, la souveraineté, la justice sociale et la responsabilité devant le peuple. Ce pacte n’est pas un souvenir lointain. Il est devenu la matrice même de l’alternance qui a conduit au pouvoir l’actuel président de la République.

Toute tentative d’analyser les tensions actuelles entre les deux têtes de l’exécutif sans rappeler cette vérité fondatrice produit une lecture amputée de l’essentiel. Car avant d’être un Premier ministre, Ousmane Sonko est l’initiateur du projet national dont d’autres ne sont que les exécutants. Il a incarné les souffrances d’une génération, porté les espérances étouffées d’un pays, assumé un coût personnel que très peu d’hommes politiques auraient accepté de supporter. La trajectoire qu’il a tracée est devenue le sol sur lequel marchent ceux qui gouvernent aujourd’hui.

Lorsque le Sénégal a cherché une rupture authentique, il ne l’a pas cherchée dans les calculs stratégiques de l’appareil politique. Il l’a cherchée dans l’intégrité personnelle, dans la constance d’un homme qui n’a jamais courbé l’échine ni négocié ses principes contre une parcelle de pouvoir. C’est cette cohérence qui a légué au président actuel une légitimité exceptionnelle, une dynamique sociale irrésistible et un mouvement politique prêt à défendre un projet collectif. Effacer ce lien serait réécrire l’histoire et, ce faisant, trahir les ressorts qui ont permis la victoire.

Les tensions de ces derniers mois révèlent un paradoxe profond. Comment peut-on penser l’avenir du régime sans reconnaître exactement celui qui en est l’origine vivante et conceptuelle? Comment imaginer que le cœur du pacte puisse être relégué au rang de simple acteur secondaire, alors même que le pays a associé l’espoir de son redressement à la droiture de son combat? Cette interrogation traverse silencieusement l’opinion. Elle exprime moins un attachement affectif qu’une lucidité politique: sans Sonko, le projet se vide de sa substance.

Il ne s’agit pas d’idéaliser un homme. Il s’agit de reconnaître que certaines figures deviennent des repères structurants dans la vie d’une nation. Le Sénégal n’a pas soutenu Sonko parce qu’il recherchait un porte-parole ponctuel, mais parce qu’il voyait en lui la formulation la plus claire d’une vision. Cette vision a permis à des milliers de citoyens de résister, de croire à une alternative, de voter pour un horizon nouveau. En d’autres termes, Sonko est devenu un élément constitutif de l’imaginaire collectif de la rupture. Le marginaliser reviendrait à affaiblir non seulement un homme, mais l’élan d’un peuple.

Il y a enfin une dimension morale qu’il serait dangereux d’ignorer. Dans les moments décisifs, la loyauté devient un baromètre de la sincérité politique. Elle se mesure moins dans les discours que dans la reconnaissance de ceux qui ont rendu possible ce qui existe. La loyauté à Sonko n’est pas une faveur personnelle. Elle est une reconnaissance politique envers celui qui a porté la charge la plus lourde, ouvert la voie, payé le prix de l’adversité et permis l’émergence d’un pouvoir que d’autres exercent aujourd’hui. Ne pas en tenir compte créerait une fracture symbolique qui affaiblirait le socle moral du régime.

Ainsi, nul ne peut marginaliser Ousmane Sonko sans trahir l’essentiel. Car l’essentiel n’est pas la personne. L’essentiel est le pacte qu’il a incarné. Le jour où ce pacte sera ignoré, ce ne sera pas Sonko qui sera affaibli, mais le sens même de la rupture qui aura guidé une nation vers un changement historique.

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